Chez le chat

Quels sont les parasites du chat ?

Les parasites internes et externes sont communément présents chez les chats. Leur présence a des répercussions importantes sur leur santé car ils peuvent être à l’origine de graves maladies, dont certaines sont transmissibles à l’homme (on parle de zoonoses).

Intéressons-nous de plus prêt à ceux que nous pouvons rencontrer dans nos régions.

Quels sont les parasites intestinaux (internes) du chat ?

Les parasites internes sont des petits organismes qui vivent dans le corps du chat. Ils peuvent envahir différents organes et sont en général, contagieux.

Il en existe deux grands groupes : les helminthes, qui sont des vers, et les protozoaires, qui sont des parasites microscopiques formés d’une seule cellule.

Les vers sont classés en deux catégories : les vers ronds (les nématodes) et les vers plats (les cestodes). Dans cet article, nous les listons en fonction des organes qu’ils affectent.

Les vers

On les rencontre principalement dans le tube digestif : 

– les ascarides (nom scientifique : Toxocara) sont les plus répandus. Ce sont des vers ronds d’environ 10 cm, ressemblant à des spaghettis. Les vers adultes pondent des œufs qui sont éliminés dans les crottes et se retrouvent sur le poil et dans l’environnement dans lequel ils peuvent résister plusieurs années.

La contamination se fait essentiellement de la mère aux petits au cours de la gestation ou via le lait. Chez le jeune et l’adulte, elle passe par l’ingestion d’œufs par le biais de proies ou de viandes mal cuites contaminées ou par léchage d’un autre chat. Les hommes se contaminent en mangeant des aliments souillés (légumes non lavés) ou en portant à la bouche des mains non lavées après avoir manipulé une source d’œufs (jardinage, caresse d’un chat, jeu dans un bac à sable…)

C’est surtout pour les chatons que l’infestation est dangereuse. Elle est responsable de troubles digestifs (vomissements, diarrhée, gros ventre), d’un ralentissement de la croissance et d’une baisse de l’état général.

Toxocara canis au microscope optique
Crédit : dotana / Gettyimages

– les ankylostomes (nom scientifique : Ancylostoma), ce sont des petits vers ronds d’1 cm de long. Ils possèdent des dents qui leur permettent de s’accrocher à la muqueuse intestinale pour se nourrir de sang et provoquent des écorchures. Le cycle de vie et la contamination est la même que les ascarides. Sauf que les larves sont également capables de traverser la peau du chat, ou de l’homme. L’infestation entraîne des diarrhées foncées et une anémie.

Ancylostoma au microscope optique
Crédit : Todorean Gabriel / Gettyimages

– les ténias ou les « vers solitaires » (noms scientifiques : Dipylidium et genre taenia) sont des vers plats qui peuvent mesurer jusqu’à 1 mètre de long. Ils sont formés d’anneaux qui sont libérés dans les selles et qui ressemblent à des grains de riz. A l’intérieur, se trouvent les œufs qui vont se retrouver dans l’environnement. Ils sont à l’origine de démangeaisons au niveau de l’anus qui peuvent se manifester par le signe du traîneau (le chat se frotte les fesses par terre) ou un léchage important de l’anus. Les chats se contaminent en mangeant de la viande crue, des rongeurs ou en ingérant lors de la toilette des puces, elles-mêmes infestées par des larves.

Illustrations 3D de Dipylidium
Crédit : 3drenderings / Gettyimages

– les échinocoques (nom scientifique : Echinococcus), ce sont des petits vers plats de 2 à 3 mm. Le chat se contamine en mangeant des rongeurs infestés. Les œufs sont évacués ensuite par les selles. Ils ne sont pas dangereux pour le chat car ils ne provoquent pas de symptômes (on dit qu’il est porteur sain) mais les larves du parasite sont à l’origine d’une maladie grave chez l’homme, l’échinococcose, qui affecte le foie de façon irréversible. La contamination se fait comme pour les ascarides. Les renards en sont également porteurs, et c’est pourquoi il n’est pas recommandé de manger des fruits sauvages ramassés au sol ou à faible hauteur (myrtilles…).

Echinococcus au microscope optique
Crédit : Ivan Mattioli / Gettyimages

Plus rarement, on rencontre des vers cardio-respiratoires : 

– les filaires du coeur (Nom scientifique : Dirofilaria) sont des vers ronds qui peuvent atteindre 30 cm de long. Ils vivent dans les artères pulmonaires qui partent du cœur, ainsi qu’à l’intérieur du cœur. Les larves, présentes dans le sang, sont transmises d’un animal infecté à un autre par le biais d’une piqûre de moustique. Leur présence est responsable d’une insuffisance cardiaque d’évolution lente et discrète mais grave. En France, ces vers ne sont présents que sur le pourtour méditerranéen et dans les DOM TOM.

Cycle de transmission du Dirofilaria
Crédit : blueringmedia / Gettyimages

– les strongles (nom scientifique : Aelurostrongylus), petits vers ronds d’1 mm qui vit dans les poumons. Les œufs pondus donnent naissance à des larves qui remontent dans la gorge à l’occasion d’une toux, puis sont avalés par le chat et évacués dans les selles. La contamination passe par l’ingestion de rongeurs ou d’oiseaux eux-mêmes infestés. La maladie se manifeste par de la toux, des difficultés respiratoires, un amaigrissement et parfois, elle passe inaperçue.

Aelurostrongylus au microscope optique
Crédit : Todorean Gabriel / Gettyimages

Les protozoaires

Les coccidies (noms scientifiques : Toxoplasma et Isospora) ne provoquent pas, la plupart du temps, de symptômes sauf parfois des diarrhées chez les jeunes. Le chat se contamine en ingérant de l’eau, des proies et des viandes crues contaminées. Elles sont responsables notamment de la toxoplasmose, maladie transmissible à l’homme et dangereuse pour le fœtus d’une femme enceinte si la contamination se fait, pour la première fois, pendant la grossesse.

Les giardias présentent un développement qui abîme la muqueuse intestinale et altère la digestion. Cela peut entraîner des diarrhées chroniques (selles d’aspect brillant) et une perte de poids. Mais, le plus souvent, elle passe inaperçue. Les parasites s’enkystent dans les intestins et sont éliminés par les selles. Les kystes sont très résistants dans le milieu extérieur et contaminent les chats qui les ingèrent.

Quels sont les parasites de la peau du chat ?

Le parasite le plus fréquemment retrouvé est la puce du chat qui est un petit insecte de 1 à 2 mm de long. Il vit dans le pelage, se fixe sur la peau et se nourrit de sang. La puce femelle pond des œufs qui tombent de l’animal et se retrouvent dans l’environnement. Après une durée plus ou moins longue, ils vont éclore pour donner naissance à de nouvelles puces qui vont contaminer un chat. Les piqûres de puces se manifestent par des démangeaisons de tout le corps et peuvent parfois, provoquer une réaction allergique (pertes de poils, rougeurs, croûtes…). Les puces peuvent sauter jusqu’à une trentaine de cm de haut, et 20cm de long, pour fuir ou coloniser un autre animal. L’homme peut donc occasionnellement se faire piquer.

La tique (et non le tic…) est un parasite du chat de la famille des acariens, qui vit une partie de sa vie sur la peau de l’animal pour se nourrir de son sang et l’autre partie, dans des zones forestières et broussailleuses. Le parasite femelle pond les œufs au sol, qui donnent naissance à une tique qui grimpe en haut des végétaux et attend le passage d’un chat (ou autre mammifère) pour s’y accrocher. L’infestation est saisonnière de mars à octobre environ. La morsure ne provoque pas de symptômes car la tique injecte des substances analgésiques. Une légère inflammation locale peut être observée, qui peut être le signe de la transmission de maladies (piroplasmose, ehrlichiose et anaplasmose).

Les aoûtats sont des petits acariens qui colonisent les zones où il y a peu de poils ainsi que les zones de plis (entre les doigts, au niveau des oreilles…) pour se nourrir de sang. Comme pour la tique, ils grimpent sur des végétaux pour se fixer au chat. Ils forment des croûtes orangées assez bien visibles qui s’accompagnent de démangeaisons.

Les dermatophytes sont des champignons microscopiques responsables de la teigne, maladie de la peau qui se présente souvent par des pertes de poils rondes sur une ou plusieurs zones du corps. Ils peuvent cependant provoquer des lésions très variées. Ils sont très contagieux et se transmettent par contact direct aux autres animaux mais aussi à l’homme.

Le parasite de la gale du corps appelé gale notoédrique est un acarien microscopique qui se développe dans l’épaisseur de la peau. Les œufs sont pondus dans des tunnels qu’ils creusent dans l’épiderme (couche superficielle de la peau). La transmission se fait par contact direct et par l’environnement souillé, y compris à l’homme. Elle provoque des intenses démangeaisons de la tête et du cou avec perte de poils et formation de croûtes.

Les poux du chat sont des petits insectes qui vivent sur le pelage et se nourrissent de débris cutanés. La contamination se fait de chat à chat uniquement par contact rapproché. Elle entraîne des démangeaisons du corps et la formation de pellicules, de façon très similaire à ce qui est observé chez les enfants.

Les cheylétielles ont les mêmes caractéristiques que les poux, sauf que la contagion se fait également envers d’autres animaux et l’homme, et que les parasites sont plus petits donc peu visibles. Une façon de les mettre en évidence peut être d’observer les pellicules ramassés sur le dos de votre chat : si elles sont dues à des cheylétielles, il est possible de voir les pellicules (squames) se déplacer lentement!

Quels sont les parasites spécifiques de l’oreille du chat ?

Le principal parasite rencontré est celui responsable de la gale des oreilles (nom scientifique : Otodectes cynotis). Il vit dans les conduits auditifs des oreilles du chat et se nourrit de cérumen ainsi que de débris cellulaires. Il peut parfois quitter l’oreille pour aller contaminer l’autre, coloniser la peau ou rejoindre l’oreille d’un congénère. La transmission se fait par contact rapproché et par l’environnement. La présence des parasites provoque une otite externe : inflammation du conduit, production importante de cérumen noirâtre, douleurs et démangeaisons intenses.

Comment savoir si mon chat a des parasites et comment le protéger ?

Pour savoir si votre chat a des parasites, il convient de commencer par observer des signes directs : visualisation des vers dans les selles, dans les vomissements ou autour de l’anus et visualisation des puces (ou des crottes de puces), tiques et aoûtats sur le pelage. Ensuite, on peut repérer des signes cliniques : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau, otite, diarrhée, vomissements, gros ventre, perte de poids, poil cassé… Cependant, étant donné que l’infestation peut passer inaperçue, il est fort probable qu’un chat ait des parasites, sans aucun symptôme visible.

Votre vétérinaire fera un examen clinique complet de votre chat malade ainsi que des examens complémentaires pour déterminer un diagnostic : 

– examens de selles au laboratoire ou coprologie (parasites internes)

– examens cutanés avec petits prélèvements de peau et de poils pour analyse au microscope ou au laboratoire (parasites externes)

– utilisation de la lampe de wood (lumière ultraviolette qui permet la fluorescence de certaines espèces parasites de la teigne)

– échographie cardiaque (filaires du cœur)

– analyse de sang (Giardia, Dirofilaria…)

– examen de l’oreille et analyse du cérumen (gale des oreilles)

Le traitement et la prévention des parasites externes passent par l’administration d’anti-parasitaires. Ils permettent de tuer les parasites présents sur l’animal mais aussi, par leur action rémanente, de protéger le chat pendant un certain temps qui dépend de la molécule utilisée, en général 1 mois.

Si des puces sont retrouvées, il est important de vermifuger en parallèle, étant donné qu’une puce peut contenir des larves de Dipylidium.

Concernant les parasites internes, on traite en prévention uniquement les vers. 

Différents types de vermifuges existent qui entraînent l’élimination des parasites présents dans le corps de l’animal au moment où il est administré. Autrement dit, le chat peut se réinfester par la suite et les vers en question seront tués lors de la prochaine administration.

Les chats adultes sont classiquement vermifugés 2 à 4 fois par an, en fonction de leur mode de vie.

Les chatons sont vermifugés 1 fois par mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Si le risque d’infestation est élevé, le traitement peut être administré tous les 15 jours jusqu’à l’âge de 2 mois.

Les chattes gestantes sont vermifugées 15 jours avant la mise bas pour éviter la contamination aux petits.

Il est fondamental de traiter tous les animaux (les chiens également) en même temps, sous peine qu’ils se recontaminent entre eux. Attention, il ne faut jamais utiliser un produit anti-parasitaire pour chiens sur un chat, cela est la cause de nombreuses intoxications souvent mortelles pour le chat.

De plus, les chats qui n’ont pas accès à l’extérieur sont aussi exposés au risque d’infestation par des parasites, les traitements préventifs ne sont donc pas à négliger.

Pour ceux qui sortent, il faut éviter autant que possible l’accès à des espaces de jeux pour enfants (bac à sable notamment) et à des potagers.

Par ailleurs, avant l’introduction d’un chat dans le foyer, il est essentiel de le faire examiner par un vétérinaire pour détecter d’éventuels parasites ou pour mettre en place un traitement préventif. Pour finir, il est essentiel de maintenir une bonne hygiène de l’animal et du lieu de vie : brossage et/ou bains du chat, inspection et nettoyage des oreilles si elles sont sales, élimination quotidienne des selles, nettoyage régulier et désinfection de la maison.

Dr Yessenia Alves

Dr Yessenia Alves

Instagram @veto.insta
Diplômée : ENVA 2011

Partager